Journée Néthique 3 : Vers une Néthique des réseaux sociaux ? (compte rendu de la 1ère table ronde / Christophe Grébert, Vincent Ducrey, Benoît Thieulin, Thierry Maillet)
Mardi 4 mars 2008, 23:59
Compte rendu de la première table ronde.
La Néthique et les usages politiques : « Dialogue citoyen, pourquoi se créer une charte ? »
nethique.info - humains-associes.org
La troisième journée Néthique, Vivre ensemble sur le Net, vers une néthique des réseaux sociaux ? (Facebook, les réseaux sociaux et l’identité numérique) a eu lieu, le 2 février 2008 à l’Institut Pierre Mendès France (Collège de France).
Organisée par
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Les Humains Associés

Avec l’Institut Pierre Mendès France
Néthique 3 était diffusé en direct sur l’Ile Verte sur Second Life

Voici le compte rendu textuel de la première table ronde de cette troisième journée.
La Néthique et les usages politiques : « Dialogue citoyen, pourquoi se créer une charte ? »
Débats animés par :
Tatiana F.-Salomon, présidente des Humains Associés
Natacha Quester-Séméon, secrétaire générale des Humains Associés
Tristan Mendès France, secrétaire général de l’Institut Pierre Mendès France
Intervenants :
Thierry Maillet, auteur de Génération Participation, enseignant et chercheur
Amaury de Buchet, co-fondateur de faberNovel Consulting, enseignant et blogueur
Benoît Thieulin, directeur de l’agence la NetScouade et responsable de Desirsdavenir.org (PS)
Frédéric Chevalier, co-animateur de Marketing Perso, responsable du nouveau pôle web du Medef
Vincent Ducrey, consultant Internet et politique (UMP)
Christophe Grébert, candidat aux municipales, journaliste et blogueur (monputeaux.com)
INTRODUCTION
Tristan Mendès France, Secrétaire général de l’Institut Pierre Mendès France, prend la parole en premier et présente, au sein du Collège de France, l’Institut Pierre Mendès France où se déroule la conférence, au 3 rue d’Ulm à Paris dans le 5e arrondissement. L’institut PMF existe depuis 1985, son rôle essentiel est de s’occuper de la conservation des archives de Pierre Mendès France et aussi de s’attacher à sa mémoire. Tristan se dit absolument ravi d’être partenaire de cette troisième journée néthique, cela permet à l’IPMF d’élargir ses centres d’intérêt et aussi de trouver un autre public que son public habituel. Il précise que ce genre de manifestation amène à des réflexions très intéressantes sur des problématiques très contemporaines. Il remercie tous les participants d’être venus et passe la parole à Tatiana Faria, Présidente des Humains Associés et Natacha Quester-Séméon, Secrétaire générale, pour l’introduction.
Tatiana Faria, Présidente des Humains Associés, prend la parole et remercie le public d’être venu ainsi que les intervenants de cette troisième rencontre Néthique, Benoît Thieulin, Vincent Ducrey, Thierry Maillet, Amaury de Buchet, Christophe Grébert et Frédéric Chevalier. Elle rappelle l’importance de la Néthique pour les Humains Associés, dont la préoccupation depuis toujours est l’humain et notamment, depuis 14 ans, la place de l’humain dans les nouvelles technologies et le numérique.
En 1994, Les Humains Associés ont lancé des études avec l’Unesco, notamment avec Ettoré Gelpi qui n’est plus parmi nous et qui était alors responsable de l’Éducation permanente, et Philippe Quéau, qui dirige aujourd’hui le bureau du Maghreb de l’Unesco. En mars 1997 à Monaco, l’Unesco avait organisé avec Philippe Quéau le premier grand colloque international, Info-Ethics, sur l’éthique de l’informatique et de l’information. Très en amont déjà, la fracture numérique préoccupait l’association, fracture qui est toujours là aujourd’hui. Les inquiétudes des Humains Associés portaient notamment sur les enjeux de ce nouvel Eldorado, dont ils voyaient le côté exceptionnel, mais dont ils percevaient aussi déjà les dangers. De ce point de vue, ils étaient tous extrêmement mal compris.
À la même époque, Tatiana s’était entretenue avec Jean Daniel, du Nouvel Observateur, à propos du fossé numérique, de l’éthique et l’humanisme à l’ère de l’Internet : « Vous êtes trop en avance », lui avait-il dit alors. Plusieurs années plus tard, avec la Néthique, cela a continué de la même manière. Tatiana ajoute qu’ils avaient perçu le danger, mais que l’on a toujours tort d’avoir raison trop tôt.
Avec la Néthique, ce qui est intéressant, c’est qu’ils ont rencontré les mêmes incompréhensions, même si, petit à petit, cela s’est amélioré grâce à l’expérience. Dans un premier temps, quand ils ont proposé la Néthique, proposé de parler d’éthique en en appelant à la notion de responsabilité individuelle, dans un pays libéral-libertaire comme le nôtre, cela évoquait aussitôt la morale, voire la morale religieuse. Un certain nombre de personnes ont eu du mal à comprendre que la Néthique était une proposition pour se responsabiliser, pour que, justement, il n’y ait pas de loi. Ce n’est donc pas du tout une morale quelconque qui dicterait ce que l’on doit faire ou ne pas faire.
C’est donc la troisième journée Néthique organisée en un peu moins d’un an. Entre temps, les choses ont évolué très vite. Comme toujours, l’expérience venant avant la compréhension, ce sont ceux qui étaient plongés dans les débats politiques qui ont compris le plus vite la nécessité de proposer un code de conduite, en particulier les partis politiques, qui, dès le début de la campagne présidentielle de 2007, ont vu l’agressivité et la brutalité sur Internet. Benoît Thieulin, responsable de la netcampagne de Ségolène Royal en 2007, pourrait en parler mieux qu’elle.
Depuis quatorze ans, avec l’expérience des espaces d’échanges sur les forums des Humains Associés, Tatiana a vu la dégradation des rapports humains et la montée de la transgression. « Sur le Net, on peut tout dire, donc on y va. » Elle dit que cela a atteint son paroxysme la semaine dernière [fin janvier 2008], lorsqu’un blogueur connu a écrit sur son blog que : « La Shoah est la plus grande oeuvre de l’humanité. Dommage qu’elle fut si imparfaite. » [Voir ici et ici où il publie des excuses]. Tatiana précise qu’il s’agit peut-être d’un moment d’égarement de sa part. Mais le fait est que la blogosphère influente — cette même blogosphère que la presse utilise pour aller chercher des infos et dire, « la blogosphère a dit… » (mais cela est un autre débat) — n’a rien relevé. La ligne rouge a été dépassée et rien n’a été dit.
Tatiana poursuit en disant que sa préoccupation, notamment avec les jeunes, c’est d’informer des dangers, tout en précisant qu’après, bien évidemment, chacun fait ce qu’il veut. Internet est effectivement un outil merveilleux, c’est un outil qui permet tout, le meilleur et le pire, mais c’est aussi un outil qui peut être dangereux. On le voit notamment avec Facebook. Les jeunes ne réalisent pas qu’il y a une identité numérique et que maintenant, sans s’en rendre compte, tout le monde s’est transformé en policiers ou en agents du KGB. « Vous discutez avec quelqu’un, il cherche votre nom tout de suite dans Google et il vous répond : Ah, je sais qui vous êtes, vous êtes Untel, vous faites ceci, vous avez dit cela, etc. » Il y a des gens qui perdent ainsi des boulots et Tatiana pense que cela provoquera des suicides.
Donc, c’est une question d’éducation. Les Humains Associés sont pour l’éducation et pour la responsabilisation. La Néthique est ouverte et imparfaite bien évidemment, puisqu’en cours d’élaboration. Les Humains Associés ont créé un wiki où ils demandent à ceux qui le veulent bien, aux gens de bonne volonté, de participer avec eux, de réfléchir, de proposer et de la faire avancer. Tatiana conclut en remerciant le public et les participants.
Natacha Quester-Séméon poursuit en présentant le thème principal de la journée : « Quelle identité numérique voulons-nous pour demain ? », avec deux tables rondes, une première sur « La Néthique et les usages politiques » et une seconde autour de la question de « L’éthique pour les réseaux sociaux ».
Natacha déroule rapidement un diaporama sur le travail des Humains Associés, un réseau citoyen et humaniste qui a été fondé il y a près de 25 ans et qui est présent sur Internet depuis le début avec des sites web, blogs et forums, des wikis, Facebook ainsi qu’une Ile sur Second Life. Cela leur a permis d’avoir une expérience pratique de la militance en ligne et de la réflexion politique et de faire des constats sur les usages et également sur les dérives. Natacha retrace ensuite l’histoire de la Néthique qui est une déclinaison de la « netiquette » fondée par les universitaires qui ont créé l’Internet, il y a près de 25-30 ans. Dans les années 80, ces universitaires ont créé ce document, largement connu sur le Net, qui propose des codes de conduite et de courtoisie du réseau. Les Humains Associés, présents depuis 1995 sur le Web, l’ont adaptée au fur et à mesure à leurs usages et pratiques pour leurs forums, listes de discussion etc. Aujourd’hui, on compte plus de 350 blogs, sites et territoires dans Second Life néthiques, qui vont de sites de partis politiques à des blogs de cuisine. Ils arborent le petit logo de la Néthique et s’appliquent à eux-mêmes ses principes. Certains ont adapté la Charte à leurs propres usages, ils ont donc une Charte spécifique que l’on peut retrouver dans le Wiki, et d’autres, la majorité, utilisent la Charte commune. Elle donne un cadre pour la modération. L’idée est que l’on choisit d’appliquer à soi-même les principes de la Néthique, avec les membres de sa propre communauté. Effectivement, il n’y a que soi-même qui puisse voir si on applique ses idées…
Natacha présente quelques points de la Charte et précise que par rapport à la netiquette, les Humains Associés ont ajouté une réflexion sur l’éthique sur le Web en général, une réflexion sur une forme de déontologie de l’information et des comportements, sur le fait de diffuser des informations, de colporter des rumeurs par exemple, mais aussi sur la façon d’enrichir la communauté. Il y a également beaucoup de conseils pratiques dans la Charte. L’idée est, comme l’a rappelé Tatiana, d’appuyer sur l’éducation et le civisme en ligne.
Parmi les sites Néthiques aujourd’hui, il y a des sites politiques, Désirs d’avenir, Bayrou.fr, ainsi qu’une application de l’UMP, avec leur réseau social facebook-like, l’UMPnet (dont parlera Vincent Ducrey). Sur Second Life, il y a les territoires des partis politiques pendant la campagne présidentielle. Depuis un an, la Néthique est référencée dans une centaine de médias, il y a des études universitaires, des livres etc. qui citent la Néthique, des personnes qui collaborent et qui participent à la réflexion. En effet, la Néthique se nourrit de toutes ces remarques, parfois critiques (sourires).
Natacha rappelle qu’il y a déjà eu deux colloques : Un premier en mars 2007, auquel avaient déjà participé Benoît Thieulin et Thierry Maillet, sur la « Politique et l’Internet » et sur « L’impact du journalisme citoyen ». Un second, au mois de novembre 2007, sur « La déontologie des nouveaux médias », sur la question de la qualité de l’information sur le Web, sur le rapport entre blogueurs et journalisme, sur la question de savoir s’il faut une déontologie des journalistes, des blogueurs et plus largement des Internautes, bref une Néthique des nouveaux médias. Pendant la campagne présidentielle, il y a eu un cycle de conférences néthiques sur l’Île Verte des Humains Associés sur Second Life : les représentants des net-campagnes des trois principaux partis politiques sont venus parler de la Néthique (Benoît Thieulin/PS, Eric Walter/UMP et Quitterie Delmas/UDF-Modem), répondre aux Internautes et aux résidents de Second Life, ce qui fut l’occasion de plus de trois heures de débats en ligne.
Natacha ajoute que la conférence de ce jour est retransmise en direct sur Internet et que les débats seront entièrement podcastés et disponibles pour tous.
Première Table Ronde :
La Néthique et les usages politiques :
« Dialogue citoyen, pourquoi se créer une charte ? »
Première Table Ronde :
La Néthique et les usages politiques :
« Dialogue citoyen, pourquoi se créer une charte ? »
Natacha Quester-Séméon introduit les deux intervenants de la première table ronde en précisant qu’ils ont tous les deux une démarche éthique et néthique : Vincent Ducrey, consultant Internet et politique, est candidat dans le 16e arrondissement de Paris pour les municipales (blog). Récemment, il a travaillé au sein de l’UMP pour décliner la Charte Néthique pour les usages de l’UMPnet. Christophe Grébert, journaliste, blogueur, (monputeaux.com un blog « pour le moment encore d’opposition politique… »), ancien PS, conduit une liste sans étiquette pour les municipales à Puteaux. Il a également une Charte Néthique pour sa communauté participative qui crée leur programme municipal sur Internet.
Christophe Grébert présente pour commencer son projet municipal, lancé à partir d’une situation locale de blocage politique dans une ville de 40 000 habitants à l’ouest de Paris, Puteaux, au pied des tours de la Défense. Depuis 40 ans, c’est la même famille qui règne sur cette ville avec des pratiques népotistes, un clientélisme très poussé, un manque de démocratie et une absence totale de transparence dans les décisions municipales. Il est donc parti de l’expérience qu’il avait à travers le site monputeaux.com pour essayer de proposer autre chose aux élections municipales de mars prochain, pour tourner la page et présenter une équipe crédible face à cette situation de blocage entre une famille en place et une opposition quasiment absente de Puteaux. (L’opposition se résume selon Christophe à un parti socialiste très minoritaire avec un rapport de l’ordre de 70% de voix pour le système en place, contre un peu moins de 30% pour l’opposition.)
Il précise qu’il a fait un projet de rassemblement pour cette élection municipale pour aller au-delà des frontières traditionnelles partisanes. L’idée a été lancée sur Internet, sur son site monputeaux.com, avec une déclaration de candidature sur Dailymotion, où il a déclaré se présenter en mars prochain sur un projet de rassemblement et un projet de démocratie participative. C’est donc un peu à l’image de ce qu’avait proposé Ségolène Royale au niveau national, mais au niveau local. L’appel a été lancé à ceux qui pouvaient être intéressés par le projet. Et c’est ainsi que plusieurs Internautes locaux, visiteurs de son site, ont rejoint ce projet, dont parmi d’autres, Frédéric Chevalier, habitant de Puteaux et également blogueur (qui fait partie des intervenants de cette table ronde).
Christophe Grébert explique que quand on est un parti politique, on a une histoire, on a un passé, on a des valeurs dont certaines sont reconnues comme des valeurs de droite, sur le thème de la liberté en particulier, et puis d’autres valeurs qui sont plutôt reconnues comme des valeurs de gauche, où l’on met en avant plutôt l’égalité – « la liberté et l’égalité ne faisant plus qu’un à la condition qu’il y ait un peu de fraternité dans tout ça ». N’étant d’aucun parti, ils n’avaient pas ces valeurs de droite ou de gauche et il a donc fallu qu’ils se construisent une identité, des valeurs. En ce sens, tout le travail fait par Néthique les a intéressés. Comme dans son équipe, il y a vraiment toutes les tendances, des gens de droite, de gauche, des apolitiques, des écolos, des anars, il a donc fallu qu’ils se créent leur propre identité, leurs propres marques, leurs propres valeurs, autour de la solidarité, de la volonté de transparence et cette idée d’éthique. Leur groupe a donc créé un blog, dans lequel ils ont demandé aux gens de contribuer, de participer à la création du programme et qui évidemment repose sur une charte éthique, de bonne conduite, d’écoute, de dialogue, l’idée étant d’essayer de trouver un consensus au-delà de certaines divergences.
Dans un deuxième temps, ils ont créé une charte éthique de l’élu, élaborée de manière collective. Ils se sont projetés dans l’étape suivante : « Une fois élus, quelles seront nos actions au sein du conseil municipal et dans notre travail quotidien de maire adjoint et de conseillers municipaux ? » Cette charte, dont il a apporté quelques exemplaires, est disponible sur le site. Il précise que ce sont des choses très simples, très basiques, sur le comportement et l’attitude d’un élu municipal dans sa mairie. « Quand vous la lirez, vous vous direz : bien sûr, c’est évident ! » Il y est question notamment du fait que le conseiller municipal doit donner de son temps au bon fonctionnement de sa commune, qu’il doit être présent, prendre part régulièrement au conseil municipal ou aux conseils de quartiers, s’impliquer dans la vie locale, être à l’écoute des gens. Selon Christophe Grébert, ce sont des choses très basiques, mais quand on s’intéresse un peu à la vie locale, à la vie de son conseil municipal et à l’action de ses conseillers municipaux, on se rend compte que ce n’est pas si évident que ça. Il donne l’exemple de Puteaux où « on voit bien qu’on a des maires adjoints qui ne connaissent absolument pas leurs dossiers et qui ne s’y intéressent pas du tout, qui sont là juste pour occuper la place, lever la main quand on leur demande de lever la main au sein du conseil et éventuellement toucher leurs 1500 euros d’indemnités ».
Dans la charte de l’élu, il y a quatre parties : 1. L’engagement de présence. 2. L’engagement d’écoute, qui dit notamment que l’élu doit favoriser la consultation et la concertation à chaque étape du processus municipal de décision, c’est donc l’idée de démocratie de proximité. 3. L’engagement de transparence, l’élu s’engage à rendre compte de son travail mené aussi bien collectivement qu’individuellement dans ses délégations et cela permet l’évaluation permanente du travail effectué. 4. L’engagement de respect, donc un appel aux valeurs de dignité, d’équité et de lutte contre les discriminations.
Christophe dit que toutes ces valeurs éthiques sont évidentes, mais qu’il faut les rappeler. Et il ajoute qu’on peut s’apercevoir finalement que toutes ces valeurs qu’ils développent sont des valeurs qui correspondent bien à ce que l’on fait sur Internet, à la réalité du Net. Sur le Net, quand on blogue, quand on publie, on est effectivement sans arrêt dans un état de consultation, d’évaluation permanente, on écrit et aussitôt, via les blogs, via les commentaires, on est évalué par les lecteurs, le travail évolue en toute transparence. Il donne l’exemple des étudiants qui publient en direct leur travail et on peut le voir évoluer, les lecteurs peuvent le corriger et compléter. Cette idée-là, d’évaluation permanente, de travail collaboratif, correspond bien à ce qui se fait sur Internet et cela se retrouve dans leur programme, leur action, leur manière de faire cette campagne. Il pense que c’est une vraie campagne d’Internautes et de blogueurs, où l’on retrouve un peu les mêmes méthodes et le même état d’esprit.
Cela se traduit aussi concrètement dans le contenu du programme, puisque, à côté des thématiques traditionnelles d’un programme municipal, telles que la solidarité, la jeunesse, la petite enfance, le sport, la culture, l’urbanisme, la voirie, le cadre de vie, le développement économique, on va retrouver dans ce programme, en cours de finalisation, deux grands axes : Le premier axe est la démocratie de proximité. Son équipe, si elle est élue, va essayer d’appliquer cette idée de transparence, d’évaluation, de consultation, de démocratie participative, à la fois dans la commune, en direction des citoyens, mais également en interne, en direction des employés municipaux. Le deuxième axe fort est de faire de Puteaux une ville numérique, de vraiment développer sur Puteaux des outils et des méthodes qui favorisent ce comportement numérique. La ville sera équipée en très haut débit et il sera installé dans les écoles. Ils mettront à disposition des réseaux pour tous les citoyens ; notamment dans les HLM, sachant qu’il y a 30% d’HLM à Puteaux, ce qui permettra à une personne qui a peu de moyens d’avoir accès au très haut débit, au téléphone, à la télé, pour 5 euros par mois. Christophe rappelle les expériences déjà menées à Dunkerque de développements d’outils de télé-opération, d’assistance à domicile pour les personnes âgées grâce au très haut débit et toute une série de choses de ce type-là. Christophe Grébert conclut en disant que pour lui, les nouveaux outils qui existent aujourd’hui permettront de développer la participation, la transparence, l’évaluation, l’accès aux documents, à travers un vrai site Internet, qui favorise la compréhension et l’information du citoyen sur la chose publique.
Vincent Ducrey salut à son tour l’auditoire et se propose de présenter deux points : Le pourquoi du comment de l’UMPnet, puis, dit-il en plaisantant, il en profitera pour dérouler son programme municipal (rires dans la salle), c’est-à-dire juste les quatre ou cinq points stratégiques qu’il mettra en oeuvre s’il est élu adjoint au maire en charge de la vie locale numérique.
La campagne présidentielle a été très active et au lendemain des présidentielles et des législatives, l’UMP a souhaité mettre en place une fédération numérique pour faire perdurer pendant les quatre ans du mandat présidentiel une relation pérenne entre d’un côté les Internautes, sympathisants, militants ou ceux qui sont intéressés à débattre et l’UMP et les différents développements politiques qu’ils ont à mettre en avant ou sur lesquels ils souhaitent débattre ensemble. L’UMPnet a été lancé il y a à peu près trois semaines maintenant [en janvier 2008]. Aujourd’hui les attentes des gens qui sont sur cette plateforme sont de deux types : d’une part, l’action vraiment locale, dans le cadre de la campagne municipale, il y a les 36 000 pages des villes sur lesquelles on peut venir débattre des enjeux locaux et où l’on va retrouver les militants de la ville, le candidat, son actualité etc. D’autre part, il y a une partie qui porte sur les thématiques nationales, l’Europe, le pouvoir d’achat, les retraites, le développement durable, sur lequel des gens de toute la France viennent débattre et répondre aux sujets que l’UMPnet a mis en ligne. Cela leur permet de sentir, d’écouter, d’essayer d’analyser les attentes des gens et de nourrir le débat interne ainsi que les travaux sur lesquels ils avancent à l’UMP.
C’est une première expérience et c’est le premier parti qui met en ligne, sur la durée, les militants. C’est quelque chose de beaucoup plus difficile que ce qui a pu être fait pendant la campagne, où il s’agissait alors de mobiliser en trois mois un maximum de personnes pour montrer qu’il y avait énormément de gens en ligne réunis derrière un candidat. Là, c’est une démarche sur quatre ans et il doit vraiment y avoir du fond pour que les gens soient satisfaits par ce qu’ils y trouvent. C’est donc un challenge sur lequel ils s’investissent à fond.
Pour Vincent, il était totalement logique, dans ce cadre-là, d’essayer de mettre en place une Charte Néthique (NDLR : voir cette charte sur UMPnet et sur le Wiki de Néthique, et podcast de MemoireVive.Tv avec Thierry Solère) et de l’adapter aux comportements des militants, sympathisants et simples citoyens souhaitant participer aux débats, pour essayer de qualifier un peu les gens en ligne et de leur expliquer qu’on ne peut pas faire tout et n’importe quoi. C’est un espace de discussion ouvert, mais en même temps, les règles de bon usage, écrites et mises en place par les Humains Associés, semblaient un point de départ assez intéressant pour essayer de former les gens qui, du jour au lendemain, passent de débats où ils sont physiquement présents, dans les permanences ou au café, à des débats en ligne. Le meilleur moyen de les accompagner – et cela a été validé politiquement en interne - était de mettre en place une charte et tant qu’à faire, de partir sur les points de la Charte Néthique des Humains Associés.
La vitesse de croisière de l’UMPnet n’est pas celle des sites participatifs que l’on a pu voir pendant la campagne, elle a vraiment pour vocation de croître et de se développer. L’idée est d’avoir une plateforme centrale où il y aura sur la durée l’ensemble des militants et des sympathisants et de pouvoir agréger, au fur et à mesure, des blocs. Là, il y a en ligne une partie sur les municipales, et après, sur la durée, il y aura d’autres thématiques et d’autres élections qui seront mises en ligne progressivement. C’est le contraire des plateformes jetables, où l’on mobilise des gens, où l’on « markete » une adresse et où après, au lendemain de l’élection, plus rien ne se passe, tout est mort. Les gens ont mis trois mois pour mettre l’adresse sur leur blog ou autre, et à la fin de l’élection, on leur dit, « ça y est, vous pouvez l’enlever ». Donc, l’idée est de concentrer les débats, d’encourager les gens qui souhaitent débattre à le faire. Chacun ayant une page personnelle un peu comme sur Facebook, dès qu’ils participent aux débats, cela apparaît aussi sur leur page. Il y a donc un côté « réputation politique en ligne » qui est développée pour permettre à ceux qui le souhaitent de sortir un peu du lot.
Natacha Quester-Séméon demande à Vincent Ducrey et Christophe Grébert si l’on pourrait dire que leur pratique de militance en ligne a influé leur façon de faire de la politique dans la « vraie vie » - dans la mesure où l’on opposerait encore ces termes de « vie virtuelle et vie réelle » ?
Christophe Grébert dit qu’en effet, sa pratique du Net est celle du débat permanent, de la discussion permanente. Sur le Net, dès que l’on écrit, si l’on raconte n’importe quoi ou que l’on est approximatif, on est tout de suite face aux critiques sévères des commentaires. Donc forcément, il n’aura pas la même attitude ni en tant que candidat qui forme une liste et un programme, qui sera fait de manière transparente et collaborative, ni en tant qu’élu, puisqu’il sera habitué à ce débat, cette évaluation et cette critique permanente.
Aujourd’hui avec des partis et des hommes politiques qui appartiennent aux précédentes générations, on a une situation qui va à l’encontre de ces deux principes. Pour la création d’un programme politique, à part l’expérience de Ségolène Royal qui, on s’en souvient, a été très critiquée, on voit bien aujourd’hui que les partis attendent le dernier moment pour révéler leur programme - Christophe nous invite à bien regarder ce qui se passe dans notre localité pour ces élections municipales. Il y a très peu de débats, ou s’il y en a, c’est en interne, dans les sections politiques. Ayant fait partie pendant six ans d’un parti politique, Christophe a observé que le programme local était discuté par des commissions qui regroupent deux ou trois personnes sur chaque thématique, mais qu’il n’était jamais discuté par l’ensemble des militants de la section locale, qui représentent 20, 30 ou 50 000 électeurs. Démocratiquement, cela pose problème, d’une part au niveau des projets locaux présentés aux élections municipales qui ne sont préparés que par 10 ou 15 personnes dans leur coin, et d’autre part, parce qu’on attend le dernier moment pour les révéler, par peur que le concurrent, l’adversaire, ne pique une bonne idée. L’élection municipale, qui devrait être l’occasion d’un débat démocratique intense, de rencontres, d’échanges entre les gens des différents camps, des différentes listes, n’aboutit finalement qu’à un non-débat et à deux semaines de campagne officielle, où l’on va lancer comme ça quelques idées aux citoyens.
Ensuite, une fois élu, une fois que le meilleur des différents challengers est désigné, on a une démocratie représentative où le maire, élu avec une très large majorité (le système le veut ainsi), organise de temps en temps une réunion publique pour vous annoncer un grand projet, mais sinon il fait à peu près ce qu’il veut au conseil municipal pendant six ans, disposant en gros de trois quarts des sièges… C’est vraiment de la démocratie représentative où il ne vous consulte pratiquement jamais et ne fait jamais d’évaluation. Le citoyen n’est pratiquement pas impliqué dans les décisions locales, seulement une fois tous les six ans, quand on lui demande de voter, de sanctionner ou bien de confirmer un élu.
Pour Christophe, c’est la situation actuelle, mais il pense que les prochaines générations d’élus iront vers une pratique du Net qui est une pratique de participation, de consultation, d’évaluation et de transparence.
Vincent Ducrey précise, à propos de l’expérience de campagne, que la politique sur Internet, au niveau des partis, fonctionne de façon totalement empirique, car il n’y a pas d’expérience passée. À chaque fois qu’il y a une nouvelle technologie, il y a une nouvelle approche, on est donc obligé de partir de là et tout est basé sur la confiance : la confiance dans les technologies que l’on va utiliser et plus globalement la confiance dans les hommes qui vont être derrière ces technologies. C’est surtout cela, qui est en jeu à chaque fois : un mixte entre confiance technologique et confiance humaine.
Vincent Ducrey présente ensuite son programme en cinq points. Il s’agit d’un programme local numérique, il précise qu’il y a un autre programme numérique pour Paris dans son ensemble, avec du wifi etc. Lui s’est concentré uniquement sur cinq points qui peuvent être gérés au niveau de l’arrondissement.
Le premier point est le développement du concept de quartier, de village numérique. Il a mis en place depuis deux ans déjà des « apéros villages » dans l’arrondissement, pour recréer une ambiance village. Il y en a sept dans le 16e. L’idée étant d’utiliser les réseaux sociaux existants ou à développer, pour favoriser une relation intergénérationnelle et créer du lien social.
Le deuxième point, c’est la solidarité numérique. Il a créé une association, il y a six mois avec Basile Boli qui s’appelle « Un ordi pour tous ». Il récupère les PC usagés du 16e et les envoie dans des associations qu’ils sont en train de définir, en Ile de France et d’autres directement en Afrique. La solidarité numérique lui tient à cœur.
Le troisième point, c’est de réfléchir au concept de microjumelage qu’il a mis au point. L’idée est très simple : il y a de grandes mégalopoles qui deviennent jumelles, comme Shanghai, New York, Paris, mais en fait, ce sont 18 millions d’habitants d’un côté et 10 millions de l’autre, cela ne veut plus dire grand-chose… L’idée est donc de jumeler des quartiers entre eux, ce qui est beaucoup plus logique, la sociologie des gens étant à peu près la même et ainsi cela encourage des échanges culturels, scolaires, artistiques beaucoup plus riches. Il souhaite donc mettre en place des jumelages entre le 16e et certains arrondissements de grandes capitales mondiales, et faire des choses concrètes. Le Maire actuel de Paris est allé signer un accord de jumelage à San Francisco, mais pour l’instant, on ne voit pas ce que cela a apporté comme avancée concrète, hormis le côté high-tech. L’idée, pour les grandes villes et grandes capitales du monde, est de faire du jumelage, mais au niveau des quartiers pour que les gens échangent vraiment entre eux. C’est nouveau, ils vont voir ce qu’ils peuvent faire et Vincent travaille là-dessus.
Le quatrième point, c’est la mise en valeur de l’histoire et du patrimoine du 16e, de manière participative. Ils ont avancé sur un wiki du 16e, et l’idée est que chaque immeuble, place, lieu, puisse faire l’objet de fiches historiques et que les collégiens, écoliers et personnes de l’arrondissement puissent enrichir cette grande encyclopédie de l’ensemble de nos rues et des lieux publics de l’arrondissement. Cela pourrait faire l’objet, une fois par an, lors de la Journée du patrimoine, d’une visite des lieux les plus enrichis grâce au travail en ligne, pour récompenser les gens qui y auraient passé le plus de temps.
Cinquième et dernier point : créer des plateformes, des outils en ligne ou autres, c’est bien, mais l’idée est de les rendre accessibles et de former les gens. Donc il va mettre en place une demi-journée par semaine des ateliers de formation et d’explication pour pouvoir apprendre à se servir de l’ensemble des outils qui seront mis à disposition pour son arrondissement.
Benoît Thieulin intervient et dit que c’est un sujet qu’il connaît un peu puisqu’’il a l’honneur d’être co-secrétaire de la section Internet du PS, ce qui l’autorise à dire deux ou trois choses là-dessus. Il revient sur l’idée de faire du participatif à l’occasion des municipales. Lors d’un précédent débat néthique qui avait eu lieu en novembre 2007 à la Cité des Sciences (NDLR : 2ème journée Néthique du 17 novembre 2007, Nouveaux médias et politique, à la Cité des Sciences), ils avaient abordé ce point en se disant qu’organiser des débats participatifs, faire participer les citoyens à l’échelle d’un pays, ce n’était pas quelque chose d’évident, on a pu le voir pendant la campagne présidentielle. Cela posait quantité de questions, pas faciles à résoudre, y compris politiquement, mais c’était quelque chose de très intéressant et passionnant à faire. Ils avaient conclu à l’époque que finalement, l’échelle naturelle pour faire de la démocratie participative, était forcément locale.
Ce qui est très paradoxal aujourd’hui, c’est qu’à même pas six semaines des municipales, il y a très peu d’initiatives et après avoir fait le tour de beaucoup de sites, de gauche comme de droite, il se dit un peu déçu. Il ne fait pas de politique politicienne en disant cela - même s’il y a un peu plus d’initiatives à gauche sur le mode participatif, ce qui est normal car idéologiquement la droite s’est quand même souvent prononcée de manière très réticente face à cette démarche-là (on sent de petits changements dont il se félicite). Il partage l’avis de Christophe Grébert, il pense que de gauche comme de droite, les sortants tardent à dévoiler leur programme et le font assez peu débattre.
Il a donc changé son avis par rapport aux conclusions de l’époque et pense qu’il faut se poser des questions sur la pérennité et la durabilité des outils participatifs. Ce sont des démarches qui doivent s’inscrire dans le temps. Au fond, c’est peut-être plus facile de mobiliser les citoyens à l’occasion d’une élection présidentielle, parce qu’ils se focalisent là-dessus, cela occupe la scène médiatique pendant plusieurs mois et les gens peuvent faire du participatif à cette occasion. Même si cela pose des problèmes pour l’organiser, la prise de conscience est facile. En revanche, au niveau local, paradoxalement, c’est beaucoup plus difficile de faire venir les gens pour les faire débattre. C’est donc bien un problème de gestion municipale plus que d’élection sur lequel il faut se pencher. Il faut être extrêmement attentif au fait qu’il y ait, dans les programmes, des engagements de la part des futurs maires. Benoît rappelle les fameux Conseils de Quartiers, mais pour ceux qui y sont un peu allés, comme lui, ils savent que cela pourrait se moderniser un peu, cela manque d’outils, de Web, de réseaux sociaux, pour que justement il y ait dans la durée, des citoyens qui soient mobilisés et qui puissent, par affinités, s’intéresser aux questions scolaires, aux crèches, à la propreté, à la sécurité ou autre, en fonction de leur centre d’intérêt et de leur localisation. (Il y a des phénomènes de micro-localisation à l’intérieur des enjeux municipaux, du style « moi ce qui m’intéresse, ce sont les poubelles en bas de chez moi et pas celles du quartier qui est plus éloigné ».)
Benoît s’occupe de la campagne de Jean-Noël Guérini à Marseille et dit qu’ils ont lancé une cartosphère qu’ils vont essayer d’une part de généraliser dans les municipales et d’autre part d’en faire, précisément à l’occasion de ces élections, un outil durable. Si Jean-Noël Guérini a la chance d’être élu à Marseille, il lui a fortement conseillé de multiplier ce genre d’outils. Mais c’est une suggestion qu’il fait un peu à tout le monde (Christophe Grébert serait évidemment le premier à le faire) et qui consiste à populariser et inaugurer un certain nombre d’outils et de démarches à l’occasion des élections, mais d’en faire quelque chose de durable.
Benoît intervient ensuite sur un deuxième point, le réseau social UMPnet. Bien que très agacé et déplorant que le PS ne l’ai pas fait alors qu’ils avaient cette idée dans les cartons depuis des mois, beau joueur, il salue l’initiative de l’UMP, tout en ajoutant quand même quelques petits bémols et en dégageant quelques critiques, « car il n’est pas possible d’être simplement positif sur l’UMP ! » (rires).
Tout d’abord, ce n’est pas parce qu’on fait une plateforme de réseau social qu’on n’a pas découvert ce qu’étaient les réseaux sociaux politiques préalablement. Il signale que Désirs d’Avenir est probablement le premier réseau social politique de France, avec des outils qui aujourd’hui ne sont pas à la hauteur de ce réseau. Au fond, ce sont des organisations de communautés virtuelles qui se retrouvent et qui sont extrêmement vivantes. Sur Désirs d’Avenir aujourd’hui, 500 à 1000 messages sont postés quotidiennement, que Ségolène Royal ait fait un discours la veille ou pas. Et cette autonomie-là est extrêmement intéressante.
Ensuite il trouve que l’outil est intéressant, un peu comme une sorte de victoire posthume de Ségolène Royal, en tout cas pour les présidentielles, puisque au fond, même l’UMP se met à faire du participatif. Car si on fait du réseau social, si on met en place un outil de réseau social, c’est pour faire quoi, si ce n’est pour que les gens discutent, échangent, créent des groupes de travail, c’est-à-dire fassent du participatif ? Ils se sont faits beaucoup taper dessus pendant très longtemps sur le fait qu’au PS, et en particulier Ségolène Royal, ils faisaient du participatif et qu’ils étaient à l’écoute de l’opinion. Mais finalement, il voit qu’il y a une lame de fond très forte en France, en Occident pour multiplier ce genre de démarches. Il pense que Ségolène l’a probablement un peu senti avant les autres et constate qu’à l’UMP, on s’y met également.
Benoît confesse qu’il s’est inscrit sur UMPnet - et uniquement là, nous rassure-t-il - pour essayer de tester. Effectivement, il trouve ça bien, mais en même temps, il en voit bien les limites, probablement idéologiques. C’est une plateforme, un réseau social, mais qui est très contrôlé, très fermé. On ne peut pas créer de groupes, ou en tout cas pas lui, ils l’ont peut-être repéré et bloqué ses accès pour l’empêcher de le faire, il ne sait pas (rires). Mais il pense qu’en fait, c’est plus général. On sent, et c’est normal, que les partis politiques ont une réticence naturelle, car ce sont des structures pyramidales, hiérarchiques. Ils ont du mal à franchir le pas et à mettre en place un réseau social dont on devrait finalement laisser une partie des clés aux citoyens pour la création de groupes, les innovations ascendantes etc., avec éventuellement un système de filtrage pour savoir s’ils sont membres ou pas.
Thierry Maillet répond à son tour, d’abord à Christophe Grébert à propos du participatif dans la cité. Il dit qu’il faut se souvenir que dans les années 60, il y a eu plusieurs expériences, notamment à Caen et Grenoble, pour ceux que cela intéresse. Cela avait démarré aux États-Unis au moment où les universitaires américains se posaient la question de la reconversion des centres-villes délabrés, mais ça n’avait pas perduré. Il est intéressant pour eux aujourd’hui au niveau local, d’aller voir pourquoi dans les années 70, cela avait échoué dans deux villes universitaires et « cols blancs », à Hérouville Saint-Clair, banlieue de Caen et à Grenoble. Dans les deux cas, cela avait échoué parce que finalement le participatif n’avait pas perduré. Des groupes avaient fini par prendre le pouvoir, et finalement un seul contre-pouvoir d’opposition à la municipalité en place s’était installé.
Cela pose des questions qui rejoignent ce que disait Benoît Thieulin, à savoir : « Est-ce que les personnes présentes dans la salle qui sont plutôt des fanas d’Internet, ne préfèrent-elles pas agir finalement au niveau national sur des questions intellectuelles relativement porteuses et intéressantes, plutôt que sur les poubelles ou la propreté dans la rue - parce que cela ne les intéresse tout simplement pas ? » Ce sera certainement une tâche très difficile que de maintenir le vrai participatif au-delà du marché - car le premier participatif, c’est quand même la visite des marchés et les hommes et femmes politiques traditionnels le font très bien finalement. Il propose de regarder les exemples d’Hérouville Saint-Clair et de Grenoble pour voir pourquoi cela a échoué, comment se sont constitués systématiquement des contre-pouvoirs, des mini-groupes, des personnalités locales qui prennent un ascendant relativement fort et qui deviennent tout simplement des hommes politiques parmi d’autres dans le cadre de la démocratie représentative.
Christophe Grébert lui répond que des personnalités fortes, il en existe aussi sur le net, les blogueurs qu’on appelle influents. Natacha : « Ah bon !? Ca existe ? » (Rires.) Christophe : « Paraît-il. Enfin, c’est comme cela qu’on les appelle… » Pour Christophe, il y a évidemment des leaders, des opposants qui se créent et se développent, et lui-même en est un exemple : Un simple blogueur qui à un moment donné s’est intéressé à sa ville, a ouvert un blog sur sa ville et qui aujourd’hui se présente à l’élection municipale et espère être maire de Puteaux dans un ou deux mois. Il ne fait donc pas cela pour s’amuser, il fait les marchés, a des réunions d’appartement, a distribué 70 000 tracts en six mois, fait la visite des quartiers, va faire du porte-à-porte. Il est donc un vrai candidat et pas un candidat virtuel, du Net.
Ce qu’il voulait dire à ce propos, pour répondre à Benoît Thieulin, Natacha Quester-Séméon et Vincent Ducrey, c’est qu’il manque la volonté politique des élus, car ils baignent dans la démocratie représentative et que la démocratie participative est, pour beaucoup d’entre eux un gros mot, quelque chose de dangereux qui s’oppose à la première. Ce n’est pas le cas pour lui. Christophe pense que les démocraties participative et représentative se complètent naturellement et qu’il manque une volonté politique pour faire fonctionner le participatif, responsabiliser les gens, leur donner des projets à mener de A à Z, et des budgets - car quel est le sens de la démocratie participative sans budget participatif ? Un conseil de quartier qui n’a pas de moyens pour financer les projets micro-locaux qu’il voudrait mener à bien, les gens y viennent une, deux, trois fois, mais ils ne reviennent plus ensuite, car ils se disent que finalement leur travail sert au maire éventuellement pour un compte-rendu et qu’après, il en fait ce qu’il veut. Christophe conclut en disant qu’il faut bien sûr déléguer, diffuser au maximum les moyens et les informations.
Tristan Mendès France demande à ceux autour la table qui sont en campagne comment les électeurs à qui ils s’adressent perçoivent leur engagement néthique ? S’ils communiquent dessus, comment cela est-il perçu, plutôt bien ou pas par l’électeur « lambda » en général ? Et d’ailleurs, communiquent-ils vraiment dessus ?
Vincent Ducrey répond que pour l’instant, ils communiquent dans le cadre du programme. L’idée est de dire que la Néthique a été, pour le moment, pas mal utilisée par les partis et les campagnes politiques, mais que l’on peut aussi l’appliquer dans la vie citoyenne. Ce sera la prochaine étape de la Néthique, à partir du 16 mars pour certains. Mais pour l’instant, ils sensibilisent dans le cadre de la participation en ligne pour la campagne, ils ne sont pas encore dans l’application au niveau local de la Charte Néthique. Mais cela va venir naturellement et d’ailleurs c’est évidemment pour l’appliquer par la suite qu’ils l’ont sélectionnée pour les municipales.
Un intervenant dans la salle remarque qu’ils ont bien montré comment ils disposent d’outils pour favoriser le dialogue citoyen etc., mais qu’ils n’ont pas abordé la question des règles. Il leur demande quels étaient les obstacles au dialogue qu’ils ont rencontrés, en termes de règles justement, de régulation de ces échanges. Il constate qu’ils ont bien expliqué ce que sont ces outils, que c’est assez convaincant de se dire que maintenant, on est dans une ère où les gens doivent participer sur le long terme, interagir à toutes les échelles etc., mais une fois le dialogue rendu possible, comment va-t-il se mettre en place au niveau des règles, qu’est-ce qui leur paraît être capable de favoriser ce dialogue ? Il est toujours difficile de discuter à plusieurs sur des sujets qui peuvent être conflictuels par exemple.
Vincent Ducrey répond que ce qu’ils ont pu noter, c’est que cela fonctionne le plus souvent avec une auto-régulation. Aujourd’hui, il y a des gens actifs soit sur les débats locaux, soit sur les débats thématiques qui sont mis en place, et qui sont fidèles à ces débats, qui les suivent et les qualifient. Et dès qu’il y a des choses un peu hors sujet qui arrivent, il y a un signalement. Pour lui, de toute façon, l’avenir n’est qu’à l’auto-modération puisqu’il y a des communautés en ligne de plus en plus nombreuses.
Thierry Maillet pense que c’est la convergence, ou en tout cas l’habileté à faire travailler ensemble la démocratie participative et la démocratie représentative comme Christophe Grébert l’a pointé du doigt. Elles doivent se compléter et non pas s’opposer.
En la matière, Benoît Thieulin le lui confirmera peut-être, cela a bien fonctionné au parti socialiste en 2006, mais il y a eu clairement par la suite une opposition entre l’appareil du parti, issu d’une démocratie représentative, et l’organisation Désirs d’Avenir, issue d’une démarche participative. Ce qui est très difficile, c’est d’arriver à faire travailler les deux ensemble, sans se combattre en aucune manière, sur la légitimité plus ou moins grande de l’une ou de l’autre. C’est exactement à la même chose qu’est confronté le monde de l’entreprise aujourd’hui, les univers dits de la société civile, type ONG par exemple etc., et les représentants traditionnels des administrations, en tant qu’interlocuteurs des entreprises. C’est de la capacité à faire, ou pas, travailler ensemble les représentants de la démocratie participative et ceux de la démocratie représentative, que pourra naître quelque chose de nouveau, différent et intéressant.
Il remarque que l’auto-émulation, ou l’auto-contrôle, cela ne fonctionne pas ad vitam aeternam. Cela fonctionne deux-trois ans, mais si derrière il n’y a pas de budgets et de vraies règles structurantes, cela ne perdure pas, c’est justement ce qu’on a vu avec l’expérience historique de Grenoble ou d’Hérouville Saint Clair.
Natacha Quester-Séméon demande ensuite s’il y a des questions pour Christophe Grébert qui ne peut pas rester très longtemps.
Thierry Maillet l’interroge alors sur la façon dont ont été intégrés les réseaux sociaux, Facebook, Viadeo etc. dans le cadre de la campagne électorale et ce que cela a entraîné comme changements éventuels.
Christophe Grébert répond qu’ils ont créé non pas un compte Facebook, mais un groupe Facebook qui s’appelle « Puteaux 2008 » et il invite l’assistance à s’y inscrire. Il y a à peu près 140 abonnés, dont environ une soixantaine de Putéoliens (les gens de Puteaux). Cela leur a apporté quelques contacts intéressants, souvent des jeunes travaillant dans l’informatique, Puteaux étant assez bien fourni de ce côté-là… Le groupe est néanmoins peu actif, ils y diffusent l’information, relaient leurs vidéos, leurs tracts et textes. Cela leur a apporté quelques contacts, des gens qui sont venus aux réunions qu’ils organisent chaque semaine dans un bar à Puteaux (ils ne sont pas uniquement dans le virtuel !). Des gens ont effectivement pris contact avec eux sur Internet et ont ensuite fait la démarche de se déplacer. Selon Christophe, la rencontre physique, réelle, reste indispensable dans le cadre de campagne locale.
Natacha Quester-Séméon cite les chiffres d’une étude qui parle de l’implication des communautés virtuelles dans le monde réel. Selon cette étude du programme « Digital Future Project » du Centre Annenberg de l’Université de Californie du Sud, 43% des Américains appartenant à des communautés en ligne, se sentent aussi attachés à leur monde virtuel qu’à leur monde réel. Selon Natacha, on peut donc de moins en moins parler d’une séparation entre sa pratique associative, engagée ou militante en ligne et la vraie vie.
Un auditeur fait une remarque sur ce qui a pu être dit des expériences passées participatives, juste pour les replacer dans leur contexte, car il pense qu’il y a une approche assez différente aujourd’hui, avec tout le respect pour ce retour historique de Thierry Maillet qui est très intéressant. Il pense que ça se développe autrement aujourd’hui. Il y a, pour lui, deux étapes. Aux présidentielles, il y a eu beaucoup de buzz autour du participatif, notamment grâce à la campagne de Ségolène Royale, avec un thème autour duquel on pouvait se mobiliser et qui se communiquait facilement. En revanche, concernant les municipales, on sent bien qu’il y a des envies, mais aussi beaucoup plus de difficultés et de freins. L’intervenant pense que Christophe Grébert, et d’autres (Christophe Ginisty) sont exemplaires en tant que candidats issus de la blogosphère. Le cas de la plateforme de l’UMP est aussi intéressant parce qu’il va jusqu’au bout. Il y a donc des cas pratiques, des démonstrations réelles et il ajoute que si nous sommes là aussi, c’est que tous nous nous intéressons à la question. Mais les médias se saisissent assez peu du sujet, ou de manière timide, et pour les appareils, c’est bien pire. C’est plus que de la prudence, c’est une grande défiance et il faut, à son avis, ne pas hésiter à la combattre. Il pense, sans être activiste, que l’on peut observer que le participatif a du mal à passer, malgré ses aspects positifs et malgré le fait qu’il soit réclamé par les électeurs de base, sur les blogs, les forums, à travers les outils sociaux qui parlent positivement de ces expériences. Pour lui, il faut ouvrir des voies et aujourd’hui, il est intéressant de les défendre un peu plus. Finalement, le participatif ne doit pas être un « délire participatif », mais une voix comme une autre. Il observe une plus grande ouverture et pense que derrière le participatif, il y a de l’avenir parce qu’il y a une demande. Si on ne va pas sur cette voie démocratique là, on risque de se la prendre en revers. C’est aussi de l’ordre de la sagesse d’être participatif. Christophe Grébert, ainsi que Vincent Ducrey dans son domaine, sont les candidats les plus participatifs, et à ce titre exemplaires, et il souhaite que cela soit dit.
Thierry Maillet propose de « revenir sur terre » (rires dans la salle). Il ajoute que si Christophe Grébert est élu, in fine, il sera quand même jugé par ses électeurs, qui seront demain ses administrés, sur ses résultats. Ce ne sera ni sur son blog, ni sur l’importance de la participation qu’il aura donnée.
L’intervenant reprend la parole en proposant, lui aussi, de « revenir sur terre » et rappelle qu’il a parlé lui aussi de « délire participatif ». Il voulait justement peser les choses et voir les coûts que cela a, les coûts positifs et négatifs et il constate qu’actuellement il y a du buzz positif et du buzz négatif. Il y a une demande de participation, c’est aussi simple que ça. Il demande pourquoi aujourd’hui il y a t-il un tel succès sur Facebook ? C’est un fait démocratique, un fait d’expression. C’est une mode… ? Alors on doit se protéger des modes, de ce à quoi les gens aspirent… ? C’est ça la vie démocratique… ? Non, pour lui, c’est un tout. Le mariage du représentatif et du participatif est très important et actuellement, il y a un peu de défiance par rapport au participatif et il faut aussi le mettre en lumière. Car si ce ne sont pas les gens qui prennent une part active à la vie démocratique qui le font, alors à un moment ou à un autre, ce seront des individus sur toutes sortes de plateformes qui feront, dans l’ombre, passer des messages plus que douteux et il rappelle l’exemple de blogueurs qui le font déjà actuellement. On peut se retrouver avec une vie participative qui se réduira à des messages très extrêmes contre d’autres messages très extrêmes sur des plateformes qui seront finalement discréditées, du fait qu’on n’aura pas pris nos responsabilités par rapport à une bonne conduite.
Pour lui, c’est la question du débat d’aujourd’hui au niveau du participatif. Il faut replacer le participatif là où il est. Il y a des élans, des mouvements, on vit quelque chose de neuf et les élections municipales sont particulièrement intéressantes pour ça. Il y a des cas pratiques que l’on doit un peu plus mettre en lumière, à son avis, il y a de bonnes pratiques qui méritent d’être éclairées, mises en avant et il conclut à l’adresse de Thierry Maillet qu’en effet, le reste ce n’est peut-être pas super intéressant, mais il pense être sur terre en disant cela.
Tatiana Faria reprend en disant qu’elle le pense aussi, mais qu’elle doit l’interrompre, car Christophe Grébert doit partir. Elle ajoute que ce dont parle l’intervenant peut arriver, que c’est déjà arrivé, c’est déjà sur Internet, mais que, comme toujours, regarder la vérité, la réalité en face, ça fait peur, alors on préfère fermer les yeux… Sur Internet, il existe des organisations qu’il faut prendre au sérieux, dont une qui s’appelle Les Ogres. Leurs sites sont même délocalisés aux USA et ils ont des sites miroir. Il ne s’agit pas de les diaboliser, mais de prendre conscience de leur méthode. Ces extrémistes sont bien organisés, ils savent très bien comment fonctionne l’Internet. Ils sont écoutés, il ne faut pas minimiser la chose, ils ont des milliers de gens qui les suivent. Sur leur site, il y a facilement deux, trois mille personnes qui viennent et parfois bien plus (de 5 000 à 15 000 visiteurs par jour). Il ne s’agit pas de faire une chasse aux sorcières, ni de les accabler, — car dans ce cas, quelle différence y aurait-il entre eux et nous ? —, mais de bien signifier notre désaccord profond avec leurs idées.
Tatiana ajoute qu’ils prononcent des « arrêts de mort » contre des personnes et donne l’exemple de Tristan Mendès France et sa famille à qui cela arrive très souvent et de fort nombreuses personnalités, journalistes, intellectuels, artistes du show-business, etc. Quand on parle de politique en ligne, il faut observer que ce n’est pas seulement celle des partis républicains comme l’UMP ou le PS — nous avons tous bénéficié de l’approche et de la méthode élaborées par Benoît Thieulin avec desirsdavenir.org et de la notion de “démocratie participative” utilisant l’Internet ; même si l’UMP a été meilleur dans l’intelligence de sa communication politique en ligne. Il y a également la netpolitique des extrémistes, qui ont bien compris les rouages de l’Internet et ce que cela pouvait leur apporter. En ce sens, Les Ogres ont eux aussi étudié et assimilé la méthode Thieulin. Tatiana conclut en disant qu’on ne peut pas approfondir la question maintenant parce que Christophe Grébert va partir, mais qu’elle aimerait bien un jour participer à une discussion sur le sujet. (Applaudissements.)
Après le départ de Christophe Grébert, Tristan Mendès France intervient pour compléter les propos de Tatiana et précise pour ceux qui ne connaîtraient pas bien le site ou les forums des Ogres, que c’est une mouvance politique extrémiste, qui est apparue dans la «tambouille » de Dieudonné. C’est Dieudonné, qui, quand il a commencé à faire de la politique, a donné une certaine audience à ce réseau, un réseau ultra-communautariste, antisémite… C’est un réseau politique et qui a énormément soutenu Dieudonné à son époque, qui a une certaine marginalité, mais qui malheureusement a une certaine audience.
Frédéric Chevalier intervient pour répondre à Thierry Maillet sur le fait « d’avoir les pieds sur Terre » et précise qu’il faut voir ce que le participatif peut apporter aussi. Bien sûr, Christophe Grébert une fois élu sera jugé sur sa gestion municipale et non pas sur son site Internet. Il ajoute que le participatif a permis à Puteaux de transcender les clivages, c’est-à-dire, très concrètement, s’il n’y avait pas eu cette démarche participative, lui-même ne se serait jamais retrouvé aux côtés de Christophe et jamais en 5ième position sur sa liste. Et d’ajouter qu’il est quelqu’un de sensibilité UMP, qu’il a des convictions, qu’il a voté pour Nicolas Sarkozy et qu’il ne le regrette pas, il ne fait pas partie des déçus. Il ajoute qu’il est clair qu’en ouvrant ce débat à Puteaux, Christophe a permis à des gens complètement différents, avec des pensées et des parcours différents de se retrouver autour de l’essence même des débats, de se réunir autour de l’essentiel, c’est-à-dire comment gérer son cadre de vie, comment s’épanouir, vivre bien dans une cité et comment gérer le bien commun. Tout cela dans une ville où les choses sont un peu particulières, un peu à cause de la main mise d’un système… Sans ce participatif, toute une partie des gens seraient restés chez eux, donc dans l’abstentionnisme, ou auraient suivi, par discipline d’appareil, des étiquettes, en votant qui pour la municipalité en place, qui pour la liste d’opposition socialiste, mais par réflexe partisan. Ainsi, le participatif a apporté des choses très concrètes et au-delà, cela permettra aussi, une fois élu, de rendre le pouvoir aux citoyens, par la capacité de contrôler, d’intervenir, à travers toutes les possibilités de concertation. Il conclut en disant qu’à son avis, au contraire, c’est vraiment très concret.
Compte rendu, lu et corrigé.
Suite deuxième table ronde : Journée Néthique 3 : Vers une Néthique des réseaux sociaux ?






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Un commentaire sur “Journée Néthique 3 : Vers une Néthique des réseaux sociaux ? (compte rendu de la 1ère table ronde / Christophe Grébert, Vincent Ducrey, Benoît Thieulin, Thierry Maillet)”
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Journée Néthique 3 : Vers une Néthique des réseaux sociaux ? (compte rendu de la 1ère table ronde /…
La troisième journée Néthique, Vivre ensemble sur le Net, vers une néthique des réseaux sociaux ? (Facebook, les réseaux sociaux et l’identité numérique) a eu lieu, le 2 février 2008 à l’Institut Pierre Mendès France (Collège de France)…
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